Laisser choir
Taire ce feu qui consume
En léchant l'âme
De sa langue natale
Repriser les mots déchirés
Au bord des coutures
Par le fil invisible
Du silence
Laisser choir
Cette chose indicible
Comme un bruit mat
Au fond du corps
Eplucher encore
Le surplomb du vide
Par le geste des mots réparés
Repasser quelque part en soi
Où heurte ce vacarme
Qui couvre le pépiement des oiseaux
Et atteindre ce rien
Qui clot les paupières
De l'instant perdu
En léchant l'âme
De sa langue natale
Repriser les mots déchirés
Au bord des coutures
Par le fil invisible
Du silence
Laisser choir
Cette chose indicible
Comme un bruit mat
Au fond du corps
Eplucher encore
Le surplomb du vide
Par le geste des mots réparés
Repasser quelque part en soi
Où heurte ce vacarme
Qui couvre le pépiement des oiseaux
Et atteindre ce rien
Qui clot les paupières
De l'instant perdu
Dimanche matin
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| Les ombres sur le mur |
Je descends par la soeur Vially. A loin, le ciel s'étire comme un grand drap blanc fondu dans le bleu. Le soleil est déjà haut dans le ciel et la ville a pour contours, les lignes des arrêtes des immeubles, qui luisent dans la brume. Je descends encore et j'atteinds la portion ombragée de la rue. J'emprunte le virage dans lequel il faut donner un coup d'accélérateur. Les ombres sur le mur me rapprochent de Pierre Soulages.
Plus tard, au parc, je déambule dans l'air décontracté du dimanche matin, entre les roues libres, le crissement des pas sur les graviers, les cours de musculation en plein air et le sourire timide, d'un enfant qu'on photographie. Je me promène dans les dahlias ronds et pourpres, dont les pétales sont serrés en alvéoles.
Puis je rejoins le Rhône, là où la ville devient muette, et qu'on entend son souffle. Je marche dans les herbes folles, sur la terre battue et je vois l'envers de la ville, les larges piliers du pont où s'écoule le fleuve, large, et ridé par le vent.
Soleil du vent du Nord
Dernier morceau d'été
| Dans les "O" de OnlyLyon |
La ville aujourd'hui a revêtu son voile de brume. L'air est moite. Je longe le lac. Des éclats de soleil miroitent, le vent m'apporte des bribes de voix d'enfants. Deux canards passent en silence, un autre s'ébroue plus loin, dans l'eau vaseuse d'un bras du lac. J'avance encore, je suis la rive, je m'assieds sur un banc. J'écoute. D'ici me parviennent les cris des enfants, qui se régalent, d'un dernier morceau d'été.
Washington sqare
Ils dansent sur la tête, les mains, les brans, leurs corps tournoient au-dessus des fleurs de Washington square, du jaune et du blanc surgi du vert. Les passants passent, les couples s'embrassent, les musiciens font du jazz et les badauds regardent.
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